Le Parisien, 13.10.2005
Philippe de Villiers en a-t-il un peu trop fait ? Le discours du président du Mouvement pour la France (MPF) s'était considérablement musclé ces dernières semaines, au point de ressembler à s'y méprendre à celui de Jean-Marie Le Pen. Même si la stratégie de concurrence du FN est toujours à l'ordre du jour, l'état-major du MPFa décidé de mettre provisoirement un peu d'eau dans son vin. Et de se doter de garde-fous pour éviter l'arrivée encombrante de sympathisants issus de l'ultra droite.
Le parti villiériste, qui s'est lancé dans une campagne de recrutement active (15 000 militants revendiqués contre 7 000 l'année dernière), vient ainsi d'adopter une "charte éthique", qui devra désormais être signée par tout nouvel adhérent : "Notre filiation intellectuelle, c'est l'esprit de la Résistance français qui n'a cessé d'animer, au fil des siècles, tous les combats contre les poisons idéologiques de la haine, de l'abaissement et du déshonneur", indique la charte, qui inscrit l'action du MPF "loin de toute xénophobie". Le texte dénonce certes le "communautarisme" et le "mondialisme", deux idéologies qui, selon le MPF, "gangrènent la vie politique", mais il prend ses distances avec le FN : "Le MPF refuse l'idéalisme ou le romantisme de ceux qui défendent des convictions en fuyant l'action, colportant ainsi, par leur attitude, les germes de l'aigreur, de l'amertume et du désespoir".
Parallèlement, Guillaume Peltier, secrétaire général du MPF, a envoyé une fin de non-recevoir aux offres de service déguisées du groupuscule d'extrême droite les Identitaires. Ce mouvement, coanimé par Guillaume Luyt et Fabrice Robert (les deux ex-dirigeants d'Unité radicale), s'était récemment félicité de l'inflexion idéologique de Villiers, notamment sur la question de l'immigration. "Il est hors de question d'accueillir chez nous les Identitaires", assure Peltier, qui préfère désormais insister sur les ralliements de militants et de cadres venus de l'UMP. Le cas de Jacques Bompard (maire ex-FN d'Orange) est lui aussi renvoyé à plus tard. Villiers, qui a mis en place un groupe d'experts pour plancher sur une ébauche de programme présidentiel, poursuit la restructuration de son appareil politique. Il lancera le 10 décembre un mouvement de jeunes et souhaite établir des liens "plus étroits" avec le monde syndical et associatif.
Trois questions à Philippe de Villiers, président du MPF
Interview parue dans Le Point, 13.10.2005
Le Point.- Jean-Marie Le Pen vous surnomme "Duplicator" et "Contrefacteur" en clin d'oeil à Besancenot. Pourquoi dit-il que vous l'imitez ?
Philippe de Villiers.- Peut-être parce qu'il panique un peu... En tout cas, quand on cède à la tentation de ne parler que de son voisin, on risque de tomber sous hypnose comme dans la fable de La Fontaine "Le renard et les poulets d'Inde". A force d'observer le renard qui les guette, les dindons réfugiés sur un arbre finissent éblouis et tombent.
Le Point.- Vous êtes donc le renard de M. Le Pen ?
Philippe de Villiers.- Je n'ai pas cette impression, mais si j'occupe à ce point ses fantasmes, c'est que je suis très présent sur des problèmes qui préoccupent les Français. Je brise le politiquement correct et je parle comme ils m'ont parlé pendant la campagne référendaire. Je ne fais pas du Le Pen en moins bien, je fais du Villiers en mieux, et ça marche pas mal.
Le Point.- On vous accuse aussi de déposséder Marine Le Pen de son héritage avant même qu'elle hérite...
Philippe de Villiers.- Les seuls dépossédés, ce sont les Français qui souffrent dans les territoires perdus de la République. Ceux qui, sans emploi, sans logement, vivent au contact de la poudre, de la peur et de la haine. Je suis trop préoccupé par cette souffrance pour me préoccuper du milieu politique. Je ne m'intéresse ni à la Marine ni d'ailleurs à la Royal.
Le MPF de Philippe de Villiers tisse un réseau chez les policiers
LE MONDE 5 octobre 2005
Le mouvement pour la France (MPF) recrute chez les policiers. Pierre Deplanque, président d'un syndicat de police corse créé en juillet 2006, Azzione pulizza Corsu, a adhéré, le 27 septembre, au MPF et a été nommé immédiatement président de la fédération MPF de la Corse. Il rejoint, au sein du parti de Philippe de Villiers, Michel Thooris, secrétaire général d'un autre jeune syndicat de police, Action Police-CFTC, derrière lequel il devrait se présenter aux élections professionnelles de 2006.
Pierre Deplanque n'est pas un inconnu au sein de l'extrême droite. Il avait fait partie de la tentative du Front national (FN) de s'implanter dans la police en montant un syndicat maison, le Front national-Police en novembre 1995. Ce dernier avait obtenu 7,4 % des voix aux élections professionnelles de décembre 1995. Assigné en justice en juin 1996 par les syndicats de policiers FASP et SNPT, ainsi que par la CGT et la CFDT, qui contestaient sa qualité de syndicat professionnel, le FN-Police avait été interdit en mars 1997.
M. Deplanque était apparu sur le devant de la scène en mai 1996. Il avait alors mis sur pied un Front fédéral des policiers, destiné à prendre la relève du FN-Police, et qui n'a jamais pris. Plus tard, M. Deplanque a rejoint le Syndicat général de la police, dont il fut limogé fin 2004. Le SGP lui reprochait son engagement auprès du Mouvement national républicain de Bruno Mégret, dont il était le responsable régional pour la Corse.
"HASARD"
Sur le plan politique, Pierre Deplanque a pratiqué une certaine errance. En 1995, il a été élu conseiller municipal de Pierrefitte (Seine-Saint-Denis) sur une liste RPR. Il a adhéré au FN en 1996 et l'a quitté pour le RPF créé par Charles Pasqua et Philippe de Villiers en 1999. On le retrouve en 2003 au MNR et à présent au MPF. "J'ai décidé de rejoindre M. de Villiers car il peut rassembler la droite traditionnelle et la droite nationale au-delà des appareils politiques, alors que Bruno Mégret est plutôt droite nationale et extrême droite" , explique M. Deplanque.
"Maintenant que M. Deplanque a rompu avec Bruno Mégret et qu'il a adhéré au MPF, nous po uvons envisager un rapprochement" , déclare le secrétaire général d'Action Police-CFTC. "Nous étudions la possibilité soit de fusionner soit de faire liste commune aux élections professionnelles de 2006" précise-t-il. M. Thooris, qui était au syndicat national des policiers en tenue avant de passer à la CFTC en 2005 avec, affirme-t-il, "700 adhérents de la région parisienne" , fait aujourd'hui fonction de conseiller au MPF "pour les questions de sécurité" . Il animait une table ronde à l'université d'été du parti, en septembre à Grasse. Jean-Christophe Carne, président d'Action police, était également présent.
Michel Thooris et Pierre Delanque ont déjà participé à des actions communes. Ils ont ainsi porté plainte, en août, au nom de leurs syndicats, contre le rappeur Monsieur R. qu'ils accusent d'incitation à la haine pour son album Politikment incorrekt et plus précisément sa chanson FranSSe .
Interrogé sur ce réseau MPF au sein de la police, Guillaume Peltier, secrétaire général du parti, parle, lui, de "hasard" .
Christiane Chombeau
Villiers- Sarkozy : faux complices, vrais ennemis
Les deux hommes se trouvent désormais concurrents pour 2007.
Libération Mercredi 05 octobre 2005
Ils ont communié ensemble le temps d'une grand-messe. C'était en novembre 2004, à l'occasion du sacre de Nicolas Sarkozy à la présidence de l'UMP. Pour son congrès d'intronisation à la tête du grand parti de la majorité, ce dernier avait insisté pour afficher, à ses côtés, les chefs des "formations alliées" de l'UMP. L'UDF de François Bayrou n'était pas venue mais le président du MPF, Philippe de Villiers, était bien présent. Ce jour-là, il a eu droit à bien des égards. "En lui faisant les yeux doux, Nicolas pensait enrôler Villiers sous sa bannière et lui laisser le soin d'amener une partie de la droite vers l'UMP. C'était faire preuve de beaucoup de naïveté", assure aujourd'hui un proche de Sarkozy. "La parole de Villiers ne vaut rien, sa signature encore moins", tonne un ancien élu vendéen. Le député européen, qui affirmait à l'époque qu'il ne se tromperait pas d'adversaire entre la droite et la gauche, ne pensait déjà qu'au référendum sur l'Europe et à son opposition frontale avec l'UMP sur la Constitution. Avec une idée : se poser en chef de file du non pour pouvoir ensuite tailler des croupières à l'extrême droite et peser d'un tout autre poids face à l'UMP.
Sarkozy connaît assez mal Villiers. Mais ils sont nombreux à l'UMP à l'avoir pratiqué ou à avoir pactisé localement avec lui. C'est le cas des anciens libéraux, un courant auquel Villiers a appartenu, ou du conseiller politique de Sarkozy, François Fillon, qui a dirigé la région Pays de la Loire main dans la main avec les villiéristes. Ils sont aussi au Parlement européen, tel Brice Hortefeux, le principal lieutenant de Sarkozy, à copiner avec Villiers. Selon un de ses fidèles, le patron de l'UMP apprécie la "ténacité et la fidélité de Villiers dans ses idées". Il aime aussi l'antichiraquisme de celui qui avait traité le chef de l'Etat de "premier délinquant de France".
Mais ce qui les oppose est autrement plus important. Sarkozy incarne tout ce que Villiers exècre : le communautarisme, l'atlantisme, une certaine modernité sur les questions de société, une europhilie assumée même si tous deux sont hostiles à l'entrée de la Turquie dans l'UE.
La campagne référendaire va exacerber tous ces différends. Pour se rehausser dès le départ, Villiers se désigne ses adversaires : les deux chefs du oui, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Les coups pleuvent. Lors d'un meeting à Nantes, en avril, le patron de l'UMP raille le "vicomte qui a toujours été contre l'Europe" et parle de "ses alliés Fabius, Le Pen, Besancenot, Buffet...". Villiers répond du tac au tac et fait de Sarkozy sa cible numéro 1 en dénonçant "l'islamisation de la France" via des structures comme le Conseil français du culte musulman, mis en place par le ministre de l'Intérieur.
Rivalité. La victoire du non le 29 mai consacre la rupture. Sarkozy veut oublier Villiers pour ne pas le valoriser. Mais le Vendéen s'accroche et concentre le tir sur son rival pour la présidentielle de 2007. Pour séduire l'extrême droite, il dénonce "le mondialisme de l'UMP", "la politique spectacle du gouvernement Villepin-Sarkozy" à propos de l'évacuation des squats et souligne que jamais "les régularisations d'immigrés n'avaient été aussi importantes que sous Sarkozy".
Le président de l'UMP s'inquiète : "Pourquoi Villiers est-il si agressif à mon égard ?" demande-t-il à Brice Hortefeux. "Sarkozy pense qu'il peut y arriver tout seul et me méprise", tranche le vicomte. Faux complices voilà un an, les deux hommes sont aujourd'hui de vrais concurrents.
Christophe FORCARI et Claude GUIBAL
"Une erreur colossale"
Interview de Philippe de Villiers parue dans Le Parisien le 3 octobre 2005
Le Parisien.- Pour quelles raisons, selon vous, ne faut-il pas ouvrir les négociations d'adhésion avec la Turquie ?
Philippe de Villiers.- Car ce pays n'est européen ni par sa géographie, ni par son histoire, ni par sa culture. Le fossé entre la Turquie et nous est immense. Des exemples ? Là-bas, 70 % des femmes sont voilées, l'économie souterraine représente 50 % du PIB total. Si la Turquie entre dans l'Europe, on assistera à un formidable chassé-croisé. Ce pays attirera nos usines à cause du différentiel du coût de la main-d'oeuvre. Et le différentiel de niveau de vie préparera la grande transhumance des Turcs vers l'éden européen.
Le Parisien.- N'a-t-on pas beaucoup trop promis aux Turcs depuis 1963 ?
Philippe de Villiers.- Tous les partis au pouvoir depuis quarante ans, à gauche comme à droite, sont coupables. Ouvrir les négociations avec la Turquie est une erreur colossale. Le processus sera ensuite très difficile à inverser. Il faut fermer la porte aux Turcs maintenant et arrêter de leur faire croire n'importe quoi.
Le Parisien.- Les Français seront consultés par référendum si les négociations d'adhésion aboutissent...
Philippe de Villiers.- Le peuple s'est déjà exprimé le 29 mai. Il a dit non à la Constitution européenne et non à la Turquie. C'est une forfaiture de la part de Jacques Chirac et de ceux qui le soutiennent de ne pas tenir compte du verdict des urnes. Quant aux enquêtes d'opinion, elles parlent d'elles-mêmes : 70 % des Français sont contre l'intégration de la Turquie.
Le Parisien.- La question turque fera-t-elle partie du débat présidentiel en 2007 ?
Philippe de Villiers.- Oui. Ce sera même un des éléments phares de la campagne. Le président élu dans deux ans devra stopper immédiatement les négociations et faire comprendre aux autres pays membres que si la Turquie adhère, alors, c'est la France qui quittera l'Union européenne.
Propos recueillis par Frédéric Gerschel
Le Nouvel Observateur 1er octobre 2005
Portrait : Guillaume Peltier, secrétaire général du MPF
Ancien leader des jeunes du FN, Guillaume Peltier est l¹incarnation de la stratégie villiériste : occuper le terrain de l¹extrême-droite au moment où Le Pen entame son déclin
Le 12 juillet 1998, Guillaume Peltier a défendu la France. C¹était la finale de la Coupe du Monde de Football et le jeune homme voulait chanter " allez les Bleus " devant sa télévision, malgré ses petits camarades du FN, enragés contre l¹équipe black-blanc-beur. Au château de Neuvy-sur-Barangeon, l¹université d¹été du Front national de la Jeunesse a failli tourner au vinaigre. Finalement, les supporters ont vaincu les défenseurs de la race. Peltier a vu son match. Et a même été désigné " major " de la promotion : le meilleur élève du stage d¹été des bébés-Le Pen ! Voilà donc le combat fondateur du bras droit de Philippe de Villiers. Guillaume Peltier, secrétaire général du Mouvement pour la France, était il y a sept ans le plus bel espoir du Front national.
De Le Pen à Villiers, la trajectoire limpide d¹un jeune nationaliste ? Le raccourci en dit trop ou pas assez. On peut prendre Peltier comme l¹incarnation de la stratégie villiériste : occuper le terrain du FN au moment où Le Pen entame son déclin. Mais aussi comme le représentant d¹une génération biberonnée au souverainisme, cette utopie tricolore qu¹on retrouve du FN au chevènementisme.
Peltier est un hybride. Il parle parfois comme Chevènement, ou comme un vieux gaulliste. Il pourfend le " mondialisme " terme en vogue au Front depuis plusieurs années mais avec des accents à la Max Gallo : " L¹idéologie des élites qui considèrent que les nations sont mortes, l¹idéologie du renoncement et de la passivité. " Ensuite, il change de registre, emprunte au bric-à-brac poétique de son chef, imagine un " label France " qui encou-ragerait les consommateurs à acheter national " de la consommation civique, je suis sûr que les centres Leclerc nous appuieraient ! ". Puis il embraie sur l¹immigration, qu¹il faut circonscrire, et les délinquants d¹origine étrangère, qu¹on chassera de la nationalité française. Le voilà soudain dans la partition classique de l¹extrême-droite. Comme si rien n¹avait changé.
Peltier ne fait pas repentance. Son lepénisme fut un malentendu patriotique, dit-il. Une quête de la France, mal engagée, qu¹il a poursuivie ailleurs. Le Pen parlait bien, ravissait les esprits. Peltier avait 20 ans, c¹était un littéraire.
En 1998, Samuel Maréchal, gendre de Le Pen, le bombardait à l¹état-major du FNJ. " Quelques mois plus tard, je suis parti. Je ne croyais plus en Le Pen. Il avait fait capoter l¹alliance avec la droite aux régionales. Il était jaloux des maires du FN. Il dérapait sciemment, comme dans l¹affaire du détail, pour s¹interdire d¹aller au pouvoir. La scission avec Mégret s¹annonçait. J¹en avais assez. " Avant Le Pen, lycéen des bons quartiers, Peltier avait monté des opérations " bistros du c¦ur " avec des copains. Après Le Pen, il devient prof. Il offre ses services à des divers droite en province. Puis rencontre Villiers au hasard d¹un dîner, et se choisit un nouveau grand homme. " J¹avais aimé sa campagne de rupture aux européennes de 1994. Je voulais savoir s¹il serait capable de recommencer. " Villiers, alors, est au fond du trou, esseulé après sa rupture avec Pasqua. Peltier le requinque. Lui monte un réseau jeune. Promet au Vendéen de lui bâtir un " appareil ", une force, " ce qu¹il faut pour prendre le pouvoir ". Villiers joue le jeu. La suite est affaire de kairos, d¹opportunité. Villiers saisit la sienne lors de la campagne référendaire. Un meeting au Palais des Sports marque la naissance du villiérisme populaire " c¹était le métro à 6 heures du soir ". Peltier, depuis, vit son épopée. Il s¹astreint à l¹efficacité. Il a appris au FN le b.a.-ba du métier. Il a recruté un ancien graphiste proche de Mégret qui reprend pour les tracts la typo agressive et les couleurs criardes du lepénisme des années 1990. Il étudie les nouveaux adhérents du Mouvement : " La moitié ont déjà milité ailleurs, à peu près également entre RPR-UMP et FN. " Mixité parfaite pour un projet déjà vu. " Philippe va être social et national à la fois ", affirme Peltier. Mettre de l¹identitaire dans les souffrances sociales. C¹était la recette de Le Pen, au temps de sa gloire. Le Vendéen caustique remplace le Breton tonitruant. Cette fois, Guillaume Peltier ne sera pas déçu.
Claude Askolovitch
Le Nouvel Observateur 1er octobre 2005
Quand Villiers veut dépouiller Marine
Pauvre Marine Le Pen, peut-être dépouillée avant même d¹avoir hérité ! Le " vautour " Philippe de Villiers attaque le château, et elle demeure impuissante. Son père veut mener son dernier combat. Les barons Gollnisch, Lang sont passifs. " Au fond, la ligne national-catholique de Villiers leur ressemble trop ", soupire-t-elle. Marine ne l¹admettra pas, pour ne pas donner crédit à l¹adversaire, mais le projet villiériste recoupe aussi le sien : transformer la révolte frontiste en une alternative politique.
Marine Le Pen appelait le FN à se doter d¹une " culture de gouvernement ". Villiers excipe de son parcours d¹homme responsable, entre Puy-du-Fou et conseil général de Vendée, pour garantir à ses partisans que leur combat ne sera pas vain. Dans les deux cas, il s¹agit bien d¹intégrer le nationalisme dans le champ politique. Villiers comme Marine Le Pen poussent en ce moment les feux contre la Fondation de l¹Islam de France, voulue par le gouvernement pour financer les mosquées. L¹Etat abdique devant le communautarisme islamique, expliquent-ils, chacun de son côté. Parallèle de circonstance ? Villiers, lors de son université d¹été, a fait sursauter, en proclamant la France " menacée d¹islamisation " ! Depuis, il explique. Se pose en défenseur de la légalité républicaine contre les atteintes à la laïcité. " Je ne serai pas diabolisé, assure-t-il. A la limite, je dois plutôt redouter d¹être trop sage. Le moment est venu de parler cru. " Villiers est persuadé que le référendum européen a consacré la révolte des électeurs contre les politiques. La colère est à prendre. Le Pen est vieux. Aura-t-il même ses parrainages présidentiels ? Le moment est favorable. Et il faut prendre des risques pour accréditer un profil rebelle.
Logiquement, Villiers devrait attirer des déçus du FN. Le tout est de ne pas s¹enfermer, de ne pas contracter la peste. Il a repoussé les avances de Jean-Yves Le Gallou, ancien bras droit de Mégret mais aussi protecteur des négationnistes. En revanche, les catholiques traditionalistes sont mieux traités. Aujourd¹hui, il trouve bien sympathique l¹ex-député européen Bernard Antony. Et Guillaume Peltier lui assure que Jacques Bompard, le maire d¹Orange, est fréquentable. Ce flirt nourrit l¹ironie des Le Pen, qui renvoient le Vendéen aux sorties de messe BCBG. " C¹est une perception de Villiers qui date, constate le directeur de l¹institut Ipsos, Pierre GiacomettiŠ Sa position centrale dans le non au référendum européen lui a profité. Aujourd¹hui, il a plus d¹opinions favorables chez les ouvriers que Le Pen, et même que François Hollande. " Villiers et le peuple ? C¹était donc une révolution.
Claude Askolovitch








Commentaires